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Interview de Jean-Jacques Goldman par Yann Arribard
(RFM, dimanche 8 octobre 2000)

Interview de Jean-Jacques Goldman par Yann Arribard
RFM, dimanche 8 octobre 2000
Retranscription de Christine Tascher

[Fond sonore : "Sache que"]

Yann Arribard : Bonjour Jean-Jacques Goldman.

Jean-Jacques Goldman : Bonjour.

Yann Arribard : C'est un plaisir de vous recevoir comme cela pendant une heure, on va pouvoir bavarder. Vous qui avez le talent d'crire les paroles et la musique, par quoi commencez-vous ? Par le travail musical ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, c'est celui-l qui est vraiment dterminant. Paralllement, il y a... je vais dire "le curieux", qui note sur un carnet des ides de thmes, des situations un peu paradoxales et des ides qui ont pu me toucher, m'intresser, et j'cris... disons des ides un peu sur un thme ou l'autre. Une fois que dix ou onze sujets sont mrs, le travail de l'criture commence mais il ne commence jamais sans mlodie, c'est--dire : le mot est vraiment l'esclave ou le valet de la musique.

Yann Arribard : Avez-vous besoin d'un lieu prcis pour composer ou est- ce que vous pouvez travailler partout ?

Jean-Jacques Goldman : Pour trouver les ides, il faut vivre : cela peut m'arriver pendant un concert, cela peut m'arriver au restaurant, pendant une discussion ou la lecture d'un journal, ou au cinma, voil. Et sinon aprs, pour travailler, en gnral je fais cela isol.

Yann Arribard : Et lorsque vous arrivez en studio, les chansons sont dj structures, comme on dit "maquettes", quasiment presque diffusables, quoi ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, presque, oui. Je passe beaucoup, beaucoup de temps faire ces maquettes-l, une anne ou deux quoi, et par contre on passe moins de trente jours en studio.

["A nos actes manqus"]

[fond sonore : "J'irai au bout de mes rves"]

Yann Arribard : Est-ce que vous avez besoin d'tre en manque pour crire, c'est--dire il faut qu'il y ait une certaine priode entre un certain travail que vous avez fait pour vous ou pour d'autres, pour que justement ce fourmillement revienne, cette envie, ce besoin, ce manque ?

Jean-Jacques Goldman : Il faut revivre un peu. Il faut vivre. Il faut tre dans la vie, c'est une priode forcment o on a repris des habitudes, de voir des amis ou des choses comme cela. Aprs un album, en gnral, je suis compltement vide et la tourne par exemple est un bon moyen de retomber... de vivre des choses, d'tre avec des amis, de jouer, d'tre absolument stupide et adolescent, de jouer tous les soirs en live, de voir de la route, des endroits nouveaux, cela ressource normment.

Yann Arribard : La scne est trs importante pour vous ?

Jean-Jacques Goldman : Elle l'est devenue. C'tait quelque chose qui n'tait pas du tout... qui ne m'attirait pas du tout et qui tait presque contre nature, et depuis une dizaine d'annes il y a un rapport qui s'est instaur avec le public et auquel je suis maintenant trs attach.

Yann Arribard : Quand vous dites "contre nature", cela veut dire quoi ? La timidit ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, cela veut dire que j'ai toujours ador aller aux concerts, mais tre dans la salle, et que tre sous les lumires ne m'tait pas naturel, qu'il a fallu que je prenne des mdicaments, il a fallu que j'aie vraiment une aide presque mdicale pour tre, ne serait- ce que cohrent sur scne, garder mes moyens, mais ensuite ces choses-l s'apprennent.

["Comme toi"]

[Fond sonore : "Long is the road"]

Yann Arribard : Quel type d'enfant tiez-vous ? Sage, turbulent, studieux, sportif ? Rayez la mention inutile !

Jean-Jacques Goldman : On va dire : transparent, voil.

Yann Arribard : Cela veut dire ?

Jean-Jacques Goldman : Un enfant dont personne ne se rappelle, qui ne posait pas de problmes, qui...

Yann Arribard : Un bon petit gars, quoi !

Jean-Jacques Goldman : Trs trs effac.

Yann Arribard : C'est l'image que vous, vous en avez ?

Jean-Jacques Goldman : Non, il y avait eu une mission, quelqu'un avait t voir mes anciens professeurs et aucun ne se souvenait de moi ... (rires)... ce qui ne m'a pas tonn !

Yann Arribard : Votre premire approche de la musique, elle s'est faite comment ?

Jean-Jacques Goldman : Cela avait t des cours de piano et de violon o mes parents m'avaient inscrit.

Yann Arribard : Est-ce que vous avez fait des tudes musicales un peu plus pousses que a ?

Jean-Jacques Goldman : J'ai fait dix ans de violon classique.

Yann Arribard : C'est pas mal, a !

Jean-Jacques Goldman : Culture de base de solfge et d'instruments quoi.

Yann Arribard : Et vous avez fait des tudes ? Qu'est-ce que vous avez fait comme tudes ?

Jean-Jacques Goldman : J'ai fait la prpa HEC et j'ai intgr l'EDHEC, l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales Lille que j'ai fait pendant trois ans.

Yann Arribard : Ah, pas mal ! Cela vous a servi dans votre carrire d'artiste ?

Jean-Jacques Goldman : Non, en dehors du fait de ne pas avoir de complexes quand j'tais en face d'un journaliste (rires) parce que je savais que j'avais fait plus d'tudes que lui, ce qui n'arrive pas tous les jours d'ailleurs !

Yann Arribard : Ah, c'est vrai !

["L-bas"]

Yann Arribard : En premire exprience musicale professionnelle vraiment, c'est le groupe Ta Phong ?

Jean-Jacques Goldman : Oui.

Yann Arribard : Cela a dur combien de temps ?

Jean-Jacques Goldman : Cela a dur quatre ans peu prs.

Yann Arribard : Avec... je vais dire "un tube" mais peut-tre que je me trompe...

Jean-Jacques Goldman : Non, non !

Yann Arribard : ... parce que c'est une chanson que l'on passe sur RFM, qui est "Sister Jane", c'est cela ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, oui.

Yann Arribard : Et trois albums, et puis... bon, c'est mort de sa belle mort, pourquoi ? Parce que le succs n'tait pas au rendez-vous ?

Jean-Jacques Goldman : Parce que les groupes meurent, parce que ce sont cinq personnes, ce sont des egos diffrents, des trajets diffrents et... tous les groupes meurent !

Yann Arribard : C'est l'poque de Tai Phong que vous avez rencontr Michael Jones ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, il est venu me remplacer au sein du groupe puisque je ne voulais pas faire de scne, dj... et donc, le groupe a pass une petite annonce dans le "Melody Maker" et un Gallois a appel... enfin, beaucoup de gens ont appel, ils ont fait des auditions et ils ont choisi un certain Michael Jones pour me remplacer !

Yann Arribard : Et vous tes rests nanmoins amis ?

Jean-Jacques Goldman : On est rests trs amis aprs et nous ne nous sommes quasiment pas quitts !

["Sister Jane"]

Yann Arribard : Vous avez une image d'anti-star, de quelqu'un qui rve de se fondre dans l'anonymat, c'est vrai ou c'est faux ?

Jean-Jacques Goldman : Disons, le ct star... moi, je crois tre beaucoup plus prtentieux, beaucoup plus ambitieux que a... le ct star comme a... lunettes noires... c'est des caprices, ce sont des choses qui me paraissent un peu pathtiques... j'ai l'impression de faire des choses qui sont tellement plus gratifiantes, qui s'appellent "la cration artistique", qui s'appellent "le fait de pouvoir mouvoir des gens", etc... et tout ce ct-l me parat... ne m'intresse pas, quoi ! Voil, c'est tout.

Yann Arribard : Le ct clinquant, strass ne vous intresse pas ?

Jean-Jacques Goldman : Non, non. Je trouve cela ennuyeux, je trouve que j'ai d'autres choses faire qui m'intressent plus.

Yann Arribard : Est-ce que vous avez le sentiment, Jean-Jacques Goldman, d'avoir russi au-del de vos esprances ?

Jean-Jacques Goldman : Sur le plan professionnel, oui. Sur le plan financier, oui, mais bon, je n'esprais pas grand chose l-dessus. Sur le plan personnel, non.

Yann Arribard : Non ?

Jean-Jacques Goldman : Non, non, mais j'esprais des choses comme cela Je ne sais pas... Avoir des enfants, les lever, avoir des relations douces avec les gens autour de soi, tout a, je crois que c'est la possibilit de chacun d'avoir cela.

Yann Arribard : Est-ce que vous pensez que c'est mrit que quasiment tout ce que vous touchiez se transforme en or ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, parce que l'on travaille beaucoup. Je trouve que je travaille plus que les autres. Je fais plus attention et je suis plus srieux, a m'intresse plus, je suis plus enthousiaste.

["N en 17 Leidenstadt", "Quand la musique est bonne", "Comme toi"]

[Fond sonore : "Sache que"]

Yann Arribard : Qu'est-ce qui vous motive encore ? Qu'est-ce qui vous pousse continuer ?

Jean-Jacques Goldman : Le fait de russir une chanson. Je sais ce que c'est qu'une chanson, j'adore les chansons, je sais l'quilibre extrmement fragile qui fait qu'une chanson est russie ou qu'elle ne l'est pas... Le fait de toucher les gens de cette faon-l est tellement profond... quand je voyais des gamines chanter "Acha" dans la rue ou des choses comme cela, a me fait... a me fait plaisir quoi, alors l ! Je trouve cela fou !

Yann Arribard : C'est une vaste question et cela pourrait tre une vaste rponse : est-ce que vous tes un homme heureux ?

Jean-Jacques Goldman : Eh bien, le bonheur n'est pas une chose qui m'intresse outre-mesure. Je trouve qu'il y a des moments de bonheur, il y en a d'autres forcment qui sont moins drles, on a un trajet, on essaie de le faire comme on peut. Je crois qu'il n'y a que les imbciles qui sont vraiment ce que l'on appelle "des imbciles heureux", je ne cherche pas cela, je cherche quelque chose qui justifie les heures qu'on nous a donn, et puis les bonheurs, ils se mesurent aussi l'aube des malheurs qu'on a eus.

Yann Arribard : Qu'est-ce que vous pourriez esprer de bien pour vous pour les annes venir ? Que cela continue ?

Jean-Jacques Goldman : Une bonne sant, voil. On va faire comme cela, pour le reste je m'en charge. (rires) Je me dbrouille !

Yann Arribard : Bon, Jean-Jacques Goldman, je vous remercie. Au revoir.

Jean-Jacques Goldman : Merci.

["On ira"]


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