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Jean-Jacques Goldman, son aveu à Laurent Boyer "Je suis content de payer
(60% d'impôts".)

Jean-Jacques Goldman, son aveu à Laurent Boyer "Je suis content de payer
60% d'impôts".
Télé 7 Jours n° 2679, 23 au 29 mai 1998 Fabrice Guillermet

Au moment où il commence une nouvelle tournée, quatre ans après, le chanteur-auteur-compositeur, d'habitude si avare de confidences à la télévision, se livre à coeur ouvert dans un "Fréquenstar" exceptionnel.

Dix-sept ans après son premier album solo, il a toujours du mal à se mettre dans la peau d'un chanteur. "Les vrais chantent tous les jours. Moi, il me faut un mois pour retrouver ma voix". Jean-Jacques Goldman, recordman de gains à la Sacem, a grandi à l'école Dylan, celle pour laquelle "les mots font partie de la musique". Il se considère davantage comme un auteur-compositeur que comme un chanteur. Explication : "Je n'écris jamais un texte seul. Pour moi, c'est inconcevable sans avoir la musique derrière. Je pose des mots sur la musique". Il reprend à son compte le terme anglo-saxon de "song-maker", faiseur de chansons, et lui, l'amateur de rugby, botte en touche devant les éloges. "Ce que je fais, c'est de la chansonnette". Vraie modestie ou pirouette à la Gainsbourg ? Il sait laisser la porte ouverte au doute. A 46 ans, son savoir-faire n'a aucun équivalent en France. Alors à quoi bon s'étonner que de Johnny Hallyday à Marc Lavoine (il officiait sous le pseudonyme de O. Menor), de Patricia Kaas (là, il se cachait derrière un certain S. Brewski) à Khaled, de Florent Pagny à Céline Dion, ils soient si nombreux à faire appel à lui ? Goldman garantit apporter à chacun du sur mesure. Pascal Obispo, qui semble marcher sur ses traces dans ce domaine, ne l'appelle-t-il pas "Monsieur Goldman", voire "le patron" ? Il ne se sent aucune lassitude à enchaîner mélodie sur mélodie, refrain sur refrain.

Boys bands Il assure être assez fier de déplaire à certains arbitres des élégances musicales qui font la pluie et le beau temps. Il dénonce "le politiquement correct" des rubriques critiques. Il s'insurge par exemple contre l'ostracisme anti-boys bands. "C'est honteux, les dénigrer systématiquement, en dire du mal fait partie de ce politiquement correct. Les Jackson Five n'étaient-ils pas un boys-band ?" Lui au contraire, quand les Worlds Apart ont repris en 1996 sa chanson "Je te donne", il a vécu cela comme une consécration."Il va même plus loin. "A partir du moment où ta chanson existe sans toi, tu peux dire que tu as réussi quelque chose".

Ecriture "Ce qui m'intéresse avant tout, c'est d'écrire des chansons". Il n'en est, à ses yeux, que l'un des interprètes, juste un peu plus "privilégié" que les autres. La légende veut même que ce soit un de ses amis qui l'ait persuadé de chanter lui-même les chansons qu'il écrivait. Il confirme : "Je crois bien que c'est cela et cela seul qui a tout déclanché. A priori, je n'y avais même pas pensé". Si, toujours le même leitmotiv, c'est l'écriture des chansons, "qui venaient naturellement, à l'époque, sous forme de duos et de trios" qui a présidé aux années Fredericks-Goldman-Jones, le trio était aussi une conséquence de sa difficulté à se mettre en avant. "Je ressens toujours une certaine gêne à me retrouver face au regard des autres". Heureusement pour lui, il est fini le temps où il était obligé de se bourrer de médicaments avant d'entrer en scène.

L'engagement Dans l'album "Rouge", il rendait un hommage explicite à l'engagement de ses parents. "Je voulais rappeler qu'avant d'être bafoué par des gens malhonnêtes, leurs idéaux étaient sincères, généreux". Alors quand on lui parle d'argent, lui qui a battu le record de royalties en 1996 avec une seule chanson, "Pour que tu m'aimes encore", chantée par Céline Dion, il affirme "être content de payer 60 % d'impôts, une dette que je dois à ce pays-là et je la paierai le plus longtemps possible" et fustige "l'extrème vulgarité des milieux d'argent, vulgarité de pensée, de termes, vulgarité d'occupation".

Education Sur le manche de sa guitare, "tu joues, tu joues, tu joues des heures", à sa table de travail, Goldman s'est trouvé un crédo d'artisan : "Je travaille dur pour faire simple." Héritage d'une éducation familiale. On se souvient qu'avec son premier groupe professionnel, Tai Phong, il ne donnait des concerts que le week-end, enregistrait seulement pendant les vacances et quand il s'est agi de partir en tournée, il s'est fait remplacer par un autre guitariste, un certain Michael Jones. Plus tard, au début de sa carrière solo, il avait déjà vendu pas loin d'un million de disques, tous formats confondus, qu'il travaillait encore dans la boutique familiale d'articles de sports. Jean-Jacques insiste sur l'éducation qu'il a reçue. "Je suis le fruit de ce qu'ils m'ont inculqué. De leur histoire, de leurs accents, de leurs langues, leur cuisine et leurs amis, de leur métissage et de leur fierté d'être devenus Français. Le fruit de l'école française, celle de la République". Quand, dans "Fréquenstar", Laurent Boyer lui demande où et à quelle époque il aimerait être transporté, il répond "A Lublin en 1909, pour comprendre dans quelles circonstances est né mon père".

Les paillettes Il craint les mots qui perdent leur sens quand on les rapporte mal, mais n'évite pas le franc-parler. Après la mort de Lady Diana, il n'avait pas hésité à glisser quelques dissonances. Il n'en modifie pas une note aujourd'hui. "Tu es à Portofino, tu décides d'aller dîner au Ritz en prenant un avion privé. Je trouve que c'est la fin du monde. Ça veut dire que tu n'as rien d'autre à faire. C'est l'ennui absolu". Chez Goldman, il y a toujours eu la préoccupation de ne pas prendre les paillettes du showbiz pour un miroir aux alouettes ("le piège, c'est de vivre la vie de chanteur qui est une des plus bêtes du monde") et de se vacciner contre les symptômes de la gloire ("je n'ai pas de rêve de notoriété et maintenant que j'y ai goûté, je me rends compte que ça n'a aucun intérêt") Et si depuis quelques mois, ce n'est plus à Montrouge, sa banlieue d'origine, qu'il coule des jours tranquilles, il sillonne toujours la capitale en moto, donne ses rendez-vous dans de simples bistros, et un petit carnet dépasse de la poche de son jean, histoire de saisir "tous les petits bonheurs ordinaires qui sont de vraies pépites, toutes ces raisons de trouver une journée belle".


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