Les plus belles citations de Jean-Jacques Goldman
Tout sur l'actualité de Jean-Jacques Goldman
La vie de Jean-Jacques Goldman, de ses origines à aujourd'hui
Tout sur les chansons de Jean-Jacques Goldman
Tous les albums de Jean-Jacques Goldman
Tous les DVD et les cassettes vidéo de Jean-Jacques Goldman
Toutes les tournées de Jean-Jacques Goldman depuis 1983
Interviews, essais, livres
Robert Goldman : l'autre Goldman
Pierre Goldman : le dossier
L'histoire des Restos du Coeur et les tournées des Enfoirés
Les sondages de Parler d'sa vie
Listes de discussion et de diffusion, liens, adresses utiles, recommandations
Goodies : Jeu, fonds d'écran, humour...
Le livre d'or de Parler d'sa vie
Le pourquoi de tout ça...

Goldman, juste quelqu'un de bien
(Le Matin (Suisse))

Goldman, juste quelqu'un de bien
Le Matin (Suisse)
mardi 5 mai 1998 Mary-Claude Taillens

(Premire page) Le Juste (photo) Malgr son succs, Jean-Jacques Goldman est rest lui-mme : modeste et chaleureux. La musique rythme sa vie. Question confort, il a demand de limiter les spectateurs lors de sa tourne romande les 8, 9 et 11 mai. Interview.

(Dernire page) Goldman, juste quelqu'un de bien [Photo de Claude Gassian, lgende "JJG, une superstar qui se soucie de son public avant de songer faire salle comble"]

Celui pour qui la musique est bonne a une proccupation premire, le confort des spectateurs. Rencontre avec un bienheureux, simple et chaleureux.

Grenoble Mary-Claude Taillens

Devant la porte de sa loge, point de garde du corps muscl, prt rembarrer l'ventuel importun. Dans son entourage immdiat, personne pour faire barrage. Jean-Jacques Goldman, l'auteur de tous les succs, a sur rester simple, chaleureux, modeste et attentif. Attentif, avant tout, au confort de son public. Bien que ses concerts puissent battre tous les records d'influence, il a exig, selon les dimensions de la salle, un nombre de places limit afin que tout un chacun soit l'aise et profite pleinement d'un moment d'exception que l'interprte de "Sache que je", "L- bas" ou "On ira" s'efforce de lui donner. Ainsi, l'Arena de Genve, le 8 mai prochain, n'accueillera "que" 4 500 personnes. Il en sera de mme Neuchtel, le 9, et Malley-Lausanne, le 11. Faut-il le prciser ? Les trois dates de Suisse romande affichent complet. Mais une date supplmentaire est dj agende au... 26 novembre, galement, l'Arena de Genve. La location est ouverte depuis vendredi dernier. A une demi-heure d'entrer en scne, cet homme d'exception accorde bien volontiers une interview, en toute simplicit.

Mary-Claude Taillens : Vous avez sign quelques uns des plus grands succs de la chanson franaise, vous crivez pour les plus grands. Vous dclarez pourtant que vos chansons ne font que rassembler des choses qui tranent...

Jean-Jacques Goldman : C'est vrai. Ce que j'cris peut venir d'un article de journal ou d'un livre, voire d'une rencontre, aussi fugitive soit-elle. Jamais je ne me suis lev un matin en me disant : "Tiens, je vais prendre cette route-l pour que naisse une chanson".

Mary-Claude Taillens : Serait-ce que tout vnement, aussi minime soit-il, est bon ?

Jean-Jacques Goldman : Je le pense. C'est particulirement vrai des moments inattendus, d'un vnement a priori sans importance, mais qui, tout coup, vous touche. Par exemple, ce brouhaha que l'on entend, l, juste ct (ndlr : 3 500 personnes scandant "Jean-Jacques, Jean-Jacques").

Mary-Claude Taillens : Que ressentez-vous en entendant ces appels ?

Jean-Jacques Goldman : J'y suis habitu. Je ne l'entends sans doute pas de la mme faon, mais cela m'impressionne encore.

Mary-Claude Taillens : En coutant "En passant", votre dernier album, on se prend penser que c'est celui du temps qui passe. tes-vous habit par peur de vieillir ?

Jean-Jacques Goldman : La peur, non, la conscience, oui... A 20 ans, le temps qui passe est absolument abstrait et virtuel. A 45, cela devient quelque chose de palpable. Mais je me rassure en pensant que je subis le sort de milliards d'autres gens. Je m'efforce d'tre capable d'avoir le mme destin que Mme et M. Tout-le-Monde.

Mary-Claude Taillens : Tout de mme, Mme et M. Tout-le-Monde n'entendent pas chaque soir des milliers de personnes qui les appellent par leur prnom.

Jean-Jacques Goldman : Chacun a sa tche. Certes, je vis quelque chose d'exceptionnel dans le sens que j'exerce un mtier qui me passionne et qui me procure beaucoup de joie et de plaisir. Mais, si j'tais boulanger, je vivrais avec la mme intensit si mon pain tait bon et que ce geste tout simple rende les gens de mon quartier heureux. Il ne faut pas oublier que tout succs est phmre et peut disparatre avec la mode.

Mary-Claude Taillens : Dans "Juste quelques hommes", vous terminez en insistant sur "quelques hommes justes". Vous en connaissez ?

Jean-Jacques Goldman : Il y en a tous les coins de rue. Malheureusement, dans les journaux et la tlvision, on parle plus souvent d'un pdophile qui s'vade que d'un juste. Je rencontre chaque jour des hommes qui accomplissent les tches qu'ils se sont donnes, ceux-l sont des hommes de bien. Ils traversent leur temps, avec enthousiasme et droiture. Au cours du spectacle, j'voque un instituteur que personne ne connat et qui est un homme juste.

(encart en fin d'article)

"En passant" par JJG

Les flonflons des Choeurs de l'Arme Rouge sont bien loin. Jean-Jacques Goldman est revenu, sans vraiment l'avoir abandonne, une formule plus acoustique. Il arrive tout seul avec sa guitare et s'adresse son public. Un public l'aise, puisque Goldman, soucieux avant tout de son confort, a fix un nombre maximal de places vendues. Et, n'en dplaise son producteur, pas question de dpassement. On apprcierait que d'autres suivent son exemple. Un concert s'apprcie mieux quand il y a possibilit de se dplacer et de respirer.

Mais revenons JJG et sa solitude d'homme de scne exceptionnel. Seul, il ne le reste gure, car immdiatement quelques milliers de voix l'accompagnent. Toute la salle connat les paroles, chante juste. JJG est ensuite rejoint par Michael Jones, compagnon insparable qu'un album solo n'a pas russi accompagner, et c'est tant mieux. Les autres musiciens arrivent tantt d'un ct de la scne, tantt du dessous en un ballet parfaitement synchronis. La magie ne tarde pas oprer et le plus rfractaire - mais y en a-t-il un dans la salle ? repartira avec dans le coeur comme une impression d'avoir rv tout veill. A signaler encore, en avant-programme, un bonhomme plus que sympathique, qui, sa manire, chauffe les spectateurs. Il ne parle pas, il ne chante pas, mais il sduit. Surprises, surprises !


Retour au sommaire - Retour l'anne 1998

- Signaler une erreur Ajouter à mes favoris