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Rencontre des élèves de Saint-André et de Bras-Panon avec le chanteur
(Jean-Jacques Goldman)

Rencontre des élèves de Saint-André et de Bras-Panon avec le chanteur
Jean-Jacques Goldman
Des lycéens "au bout de leurs rêves" Le Journal de l'Île de La Réunion, 22 mars 1998

Des larmes de Cindy 17 ans à une réflexion sur le rôle d'un papa- chanteur, les élèves du lycée Sarda-Garriga de Saint-André et de Paul-Moreau à Bras-Panon, ont tout voulu connaître de la vie de Jean-Jacques Goldman. Les enfants de la première génération Goldman ont eu 45 minutes, pour mieux comprendre la passion de leurs parents pour ce chanteur atypique.

- C'est la cinquième fois que vous revenez à la Réunion, y a-t-il quelque chose qui vous étonne ? - Bien sûr. Cette année, j'ai accordé une conférence de presse à des lycéens. C'est une originalité.

- Les adolescents sont-ils également une source d'inspiration ? - Tout est source d'inspiration comme cette rencontre avec des lycéens de Saint-André et Bras-Panon car c'est pour moi un moment intense.

- Vous avez une place particulière dans la vie des ados. Avez-vous conscience qu'en plus d'être chanteur, vous êtes aussi un modèle pour eux ? - Je n'en suis pour ainsi dire presque pas conscient. Car est-ce vraiment le rôle d'un chanteur d'être un modèle pour les adolescents. Je ne produis que des chansons et le fait qu'on les écoute, c'est déjà bien. C'est une chance pour moi.

- Lorsque vous étiez lycéen ou étudiant, avez- vous fait des "vacheries" à vos profs ? - J'étais un élément extrêmement calme à l'école. Je me rapelle qu'à ma notoriété naissante, une radio a fait une enquête auprès de mes anciens professeurs pour savoir ce qu'ils ont retenu de l'élève Goldman. Aucun ne s'est souvenu de moi. En classe, j'étais absent, transparent.

- Il y a bien un souvenir qui vous revient ? - Il y a bien cette fois où ce professeur d'université a piqué une crise de nerfs. J'ai quitté la salle car je n'avais pas à subir sa mauvaise humeur. Je me suis dit que je reviendrai quand il serait calmé. Ce jour-là, tout l'amphithéâtre m'a suivi.

- Comment voyez-vous l'avenir des jeunes d'aujourd'hui ? - Bien. L'espérance de vie s'allonge sans cesse. Les jeunes ont droit à la parole bien plus qu'avant. On s'intéresse vraiment à eux. Aujourd'hui, ils ont leur émission, les enfants ont également leurs chansons.

- Comment réagirez-vous si l'un de vos enfants décidait de faire le même métier que vous. - Cela ne pose aucun problème particulier mais je crois que c'est mal parti. Ils aiment écouter la musique mais c'est tout. Ainsi, le phénomène boys band ne les intéresse pas vraiment. Et puis ce n'est plus de l'âge de ma fille de 13 ans.

- Nos parents sont souvent réservés sur les thèmes comme la sexualité et le sida. Comment abordez-vous le sujet avec vos enfants ? - En métropole, le contexte est presqu'agressif. Les médias évoquent tous les jours ce genre de sujet. Aujourd'hui, ce n'est qu'une question parmi tant d'autres qui nécessite une communication progressive entre parents et enfants. Il faut éviter de prendre son enfant à 16 ans et de lui dire viens, je vais te parler de la sexualité. La communication et la confiance se construisent avec le temps.

- Comment conciliez- vous votre rôle de père et de mari et le prenant métier de chanteur ? - Vous savez, je ne fais qu'une tournée tous les quatre ans. Je suis donc assez disponible. Je passe toutes les vacances scolaires avec mes trois enfants. Et lorsque je travaille en studio, je m'organise pour dîner avec eux et pour avoir une vie de famille comme tout le monde. Ce métier n'est pas incompatible avec la vie familiale.

- Avez- vous encore le temps de conduire vos enfants à l'école ? - Ma première a 20 ans, est déjà à la fac, le second qui a 18 ans également. En ce qui concerne la troisième, je m'efforce à la conduire deux fois par semaine à son collège. Mais, je crois que c'est plus pour la moto que pour moi.

- Ses amies ne vous sautent pas dessus ? - Je garde toujours mon casque pour que l'on ne me reconnaisse pas.

- A votre avis aujourd'hui quelle est la part des études dans la réussite professionnelle ? - Cette part est importante. 95% des gens qui travaillent sont instruits et parmi les 12% de la population active au chômage, il y a plus de recalés aux examens. Mais c'est vrai que James Brown et Chuck Berry n'ont pas eu besoin de diplôme pour faire de la musique. Mais sans étude, ils ne savent pas lire les notes. Je milite pour l'école.

- Votre avis sur le phénomène boys band. - Ces chansons sucrées ont toujours existé. Si vous prenez les morceaux des Jackson Five's et que vous les traduisez en français, vous verrez que ça se ressemble. Ce phénomène continue donc aujourd'hui. Et, il ne faut pas comparer Jacques Brel et les boys band.

- Avez-vous déjà fumé un "pétard" ? - Si mes enfants fumaient un joint, je ne leur dirais rien. D'autant que je préfèrerais qu'ils fument un pétard au lieu de se mettre à la cigarette. Seulement dans la classe de quatrième de ma fille cadette, tous les élèves sont déjà fumeurs, sauf deux. Et devinez qui est l'une deux ?

- A ce sujet, êtes-vous pour la dépénalisation des drogues dites douces ? - Déjà le terme drogue douce me heurte. ce sont deux qui ne vont pas ensemble. Institutionnellement, je dirai que je suis contre. Mais, ce monde dit artificiel a toujours existé. L'alcool et la drogue font partie de la vie et de ses traditions dans plusieurs pays. Ce n'est pas d'en prendre je pense qui pose vraiment problème, mais surtout l'usage et l'abus dont en font les gens.

- Vous avez chanté, "Envole-moi", "Au bout de mes rêves", "Là-bas" et sur votre dernier album, le titre favori, s'intitule "on ira"... On a l'impression que vous êtes toujours en quête de quelque chose ? - Les chansons ne parlent pas de moi mais de certaines fatalités dont il nous faut parler. Lorsque Francis Cabrel chante "Corrida", il se met à la place du taureau mais ce n'est pas un animal pour autant. Moi, je dis mon émotion face à ces gens qui se battent pour un mieux être. Et ces gamins qui luttent pour s'en sortir ne laissent pas indifférent. Je n'ai jamais cru en cette fatalité sociale.

- Qu'est-ce qui vous énerve le plus ? - (Rires). Les choses, tout ce qui est technique. Je n'aime pas les choses et les choses ne m'aiment pas non plus. Quand ça ne marche pas, j'ai plutôt tendance à envoyer l'objet à la poubelle.

- Alors que vous avez du succès, pourquoi avoir dit que vous vouliez retrouver l'anonymat ? - La célébrité apporte il est vrai quelques changements dans sa vie de tous les jours. Toutefois, je m'évertue à ne faire que ce que j'apprécie. Je n'aime pas nager dans la piscine alors je vais à la mer avec mon journal où personne ne vient me déranger. En concert, je préfère m'y rendre en moto, c'est ce que je fais... Je n'ai donc pas l'impression d'avoir une vie différente par rapport à mes voisins ou à mon public.


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