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Goldman : “Mes premiers pas sur scène”
(Salut !, décembre 1983)

Goldman : “Mes premiers pas sur scène”
Salut !, décembre 1983
José-Louis Bocque
Retranscription de Frédéric Palermini

Cela faisait déjà pas mal de temps qu’il y pensait. Et puis le moment est venu pour lui de prendre la route, à la rencontre de ce public qu’il ne connaissait pas encore. Première tournée, premiers concerts. Jean-Jacques a prouvé qu’il est, aussi, un homme de scène...

Ah ! L’appel de la route ! Le vagabondage des tournées ! Finalement, rien ne diffère entre les vedettes médiatisées du show-biz d’aujourd’hui et les trouvères d’antan qui sillonnaient les routes d’Europe, de châteaux en places fortes. Seuls les moyens ont changé. Les trucks bariolés ont seulement remplacé les baudets. Mais le spectacle continue.

Jean-Jacques Goldman ne la connaissait pas encore cette vie de saltimbanques, cette frénésie de bouger qui tient au corps les artistes depuis la nuit des temps, depuis que le premier baladin a posé ses mains sur une vièle. Jean-Jacques a donc empoigné sa guitare électrique et, lui aussi, a pris la route. Et son parcours risque d’être long avant de retrouver le chemin du studio.

65 dates ! 65 villes de France et de Navarre, pas moins, l’attendent entre février et juin ! Ceux qui le connaissent bien pourtant, savent que Jean- Jacques avait quelques réticences à partir conquérir son public de vive voix. A notoriété égale, certains de ses confrères, sont déjà de vieux routards. Aurait-il l’angoisse de la salle sombre ? Cela, Jean-Jacques l’avoue volontiers : effectivement, faire de la scène l’a toujours un peu inquiété, mais il refuse formellement qu’on le compare aux autres. “La plupart des chanteurs qui tournent actuellement sont des professionnels de longue date ! Il ne faut pas oublier que cela fait peu de temps que j’ai été projeté au premier plan des écrans de télé et des pages de magazine. Leurs expériences et les miennes sont incomparables !” Malgré ces angoisses inhérentes à cette première expérience mystérieuse, le voilà donc face à son public.

A la rencontre de son public. Un public qui accueille ce “Positif Tour” avec enthousiasme et chaleur. A part Jean-Jacques, qui en doutait ? Dans le bain de foule jusqu’au cou depuis quelques semaines déjà, il a maintenant fait connaissance avec l’existence des derniers saltimbanques de l’ère industrielle : les kilomètres d’autoroute avalés chaque jour, les groupies avides de souvenirs se contentant d’une dédicace du chauffeur du car, le show magique est toujours différent, les dîners tardifs sans jamais moins de trente convives, les chambres d’hôtels aseptisées, fragiles havres de paix... Juste à point pour faire ses premières confidences !

José-Louis Bocque : Te voilà donc sur la route. Pourquoi cette première tournée ?

Jean-Jacques Goldman : Pour deux raisons. La première, commerciale, évidemment. Cette tournée a été décidée alors que je n’avais vendu que 100 000 albums. Le but était donc de me sortir de l’image de vendeur de 45 tours que j’avais. Partant du principe qu’on ne devient un vendeur d’albums qu’en faisant de la scène. Le temps de mettre la tournée au point, et on s’est rendu compte que je me mettais à vendre beaucoup d’albums. Et cela sans tournée ! Ce qui prouve que l’idée commerciale de base est fausse... La seconde raison est tout simplement qu’il était temps que j’aille à la rencontre de mon public malgré mes appréhensions...

José-Louis Bocque : Tu avais pourtant déjà fait une mini-tournée...

Jean-Jacques Goldman : C’était la tournée d’essai. Dans la mesure où je n’avais jamais fait de scène, nous partions sur des bases inconnues et l’on ne savait pas si j’allais jouer devant 200 ou 2 000 personnes. Je ne savais pas non plus quel genre de musiciens j’avais besoin.

De l’énergie et des images.

Jean-Jacques Goldman : Nous avons donc tourné un mois en novembre sans publicité nationale, uniquement locale pour voir ce que ça allait donner. Et ça s’est révélé suffisamment viable pour que l’on se lance dans la grande aventure.

José-Louis Bocque : Difficile de mettre au point ce premier show ?

Jean-Jacques Goldman : En le concevant, je me suis aperçu que cette première tournée allait être considérée par le public comme une cinquième tournée, qu’il irait voir les autres chanteurs qui tournent sans faire de différences entre nous. Tout cela parce que les médias m’ont jeté au même rang qu’eux. Donc, il fallait faire quelque chose de personnel.

José-Louis Bocque : Tu évolues en effet dans un décors déroutant et les mini-films projetés sur le grand écran sont d’une rare qualité...

Jean-Jacques Goldman : C’est mon vieux complice Bernard Schmitt qui a réalisé tout le visuel du spectacle. Il a toujours vu des images quand moi j’entendais des notes !

José-Louis Bocque : Tes six musiciens viennent d’horizons divers : on y trouve l’australien Dixon qui a joué avec Chuck Berry, le gallois Michael Jones, ex-Taï Phong, et aussi Philippe Herpin, ancien saxophoniste de Marquis de Sade... Drôle de bande !

Jean-Jacques Goldman : Autant je pense qu’en studio il faut des musiciens précis, inventifs, expérimentés, autant je pense qu’un concert ne doit pas donner une réplique du disque complètement inintéressante ! Un concert doit amené de l’énergie et des images ! Tous mes musiciens ont ce point commun, c’est qu’il sont de vrais mordus de la scène et de la vie de tournée. Je n’ai pas voulu avoir un orchestre derrière moi. Nous fonctionnons comme un groupe.

José-Louis Bocque : Tu sembles prendre un réel plaisir sur scène lorsque tu as ta guitare à la main.

Jean-Jacques Goldman : Pour moi, c’est l’un des plus grands plaisirs de cette tournée : jouer !

José-Louis Bocque : Une tournée, c’est constamment la route, la scène, la fête... Malgré cette ambiance speedée. Tu trouves tout de même le temps de composer ?

Jean-Jacques Goldman : Pas précisément. En fait, je commence à penser ce que sera ce prochain album, quelle couleur il aura... Il sera certainement très marqué par la scène.

José-Louis Bocque : Il est déjà prévu dans ton planning ?

Jean-Jacques Goldman : Pour l’instant, je dois finir cette tournée avec une interruption du 26 mars au premier avril consacrée à l’Olympia, ainsi qu’à un “Champs-Elysées” dont je serai la vedette. Donc à la fin de tout ça, je ne sais pas si je serai en état de faire quoi que ce soit !... Donc cet album est plutôt “non-prévu”... Dans la mesure où je sais seulement qu’il ne pourra sortir, au plus tôt que durant l’été 85. Il me faut beaucoup de temps pour faire un disque, près d’un an !

José-Louis Bocque : Et d’ici là, une autre tournée ?

Jean-Jacques Goldman : Hum... Qui sait ?!

Photos : JJG sur scène en train de chanter, jouer de la guitare puis avec son violon

Légende : Goldman on stage : “C’est mon plus grand plaisir : jouer !”

Photos : JJG en coulisses et en autocar

Légende : Le rideau va bientôt se lever, quelques amis intimes sont là, tentant de faire oublier à Jean-Jacques le trac qu’il éprouve avant de rejoindre ce public qu’il ne connaît pas encore. Il avoue avoir toujours eu l’angoisse de la salle sombre. On the road : pas moins de deux autocars et de deux camions pour transporter toute l’équipe du “Positif Tour”.

Photos : JJG sur scène

Légende : Le public connaît par cœur ses chansons. Plus de doutes, Jean- Jacques a brillamment passé le baptême de la route !


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