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Les Enfoirés à Orléans - 15 janvier 2001

Récit par Céline Vallet :

2001 : LOdyssée des Enfoirés au Zénith dOrléans

Pour fêter comme il se doit lentrée dans le troisième millénaire, la tournée 2001 des Enfoirés regroupe cette année pas moins de onze villes-étapes. Les Enfoirés consacrent à nouveau, pour la deuxième année consécutive, tout le mois de janvier pour repartir sur les routes.

Troisième ville après Caen et Brest, ce lundi 15 janvier 2001 LOdyssée des Enfoirés pose ses valises, le temps dune soirée, au Zénith dOrléans. Comme nous lexpliquera Pierre Palmade un peu plus tard dans la soirée : "lan dernier, on nest pas venu parce que on a loupé la sortie dautoroute !". Cette simple petite phrase lancée en début de soirée donne résolument le ton : sur scène, ambiance décontractée et humour seront le deux leitmotivs des artistes présents.

Cest vers 20 heures que les grilles du Zénith se sont enfin ouvertes. Une attente de longue haleine pour les personnes arrivées en début daprès-midi, sous un soleil radieux mais avec un thermomètre avoisinant 0 C. Après cette attente immobile de plusieurs heures, cest alors la ruée : chacun court pour avoir la meilleure place, pour être "sur le devant de la scène" ! La scène justement, parlons-en. Encadrée par deux écrans géants, elle est constituée sur la gauche dun escalier aux couleurs chatoyantes menant à une plate-forme métallique ; au centre et à droite officieront les musiciens sous la houlette du maître de la cérémonie de ce soir, Guy Delacroix.

20h30, le coup denvoi de la soirée est donné. Les lumières séteignent et les deux écrans saniment, nous offrant une rétrospective émouvante : la création des Restos par Coluche et les différentes initiatives menées par lassociation au fil des ans, entrecoupées des temps forts des précédentes soirées des Enfoirés. Les 6 700 personnes présentes ce soir reprennent ces airs déjà connus par cur La soirée sannonce plus que prometteuse !

21h00. Un vrombissement de moteur se fait entendre derrière la scène. On est alors éblouis par les deux phares dun van au décor plutôt années hippies. La musique commence et la porte latérale du van souvre laissant le passage à Muriel Robin qui lance un "bonsoir" énergique à lattention du public, puis entame "Tout le monde, il est là" : "Hélène (Ségara), Maxime (Le Forestier), Mimie (Mathy), Elsa, Liane (Foly), Zazie, Patrick (Bruel), Jean-Jacques (Goldman)". Cette valse des prénoms saccompagne de la sortie des artistes un par un du van. "Est-ce quon appelle les autres ?" lance Muriel Robin à la salle. Déjà conquis, le public crie un oui unanime et la liste sallonge : "Pierre (Palmade), Patrick (Fiori), Lââm, Carole (Fredericks), Karen (Mulder), Maurane, Garou". Cette fois tout le monde, il est là !

Retentit alors la voix de Coluche et les artistes entonnent la première chanson de la soirée tous ensembles, celle des Restos évidemment, accompagnés des 6 700 personnes présentes ce soir.

Grande prêtresse du papotage de la nuit, Muriel Robin nous promet une soirée inoubliable avec des "duos, des trios, des quartos, des cinquos, des sixtos", tout ça rien que pour notre plus grand plaisir.

Le premier medley de la soirée est lancé : Les femmes du monde On démarre avec Zazie chantant "Mademoiselle Chang" de Michel Berger. Suit un rock endiablé sur un fond de lumière bleue, interprété en duo par Carole Fredericks et Garou : "Ne me regarde pas comme ça / Ce soir si je suis là / Cest parce que tu es tout pour moi.". Une lumière rouge baigne la scène et un autre duo, Mimie Mathy et Maxime Le Forestier, prend la relève avec une chanson douce : "Nathalie". On enchaîne avec Jean-Jacques Goldman qui interprète "Aïcha", la chanson quil a écrite pour Khaled, accompagné de Lââm. Ce premier thème sachève avec le quatuor Karen Mulder, Lââm, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman pour "Dieu, que Marianne est jolie".

Le temps dun papotage entre Mimie et Mumu (traduire Mimie Mathy et Muriel Robin) sur Marianne et son joli buste présent dans les mairies de France et on retrouve Zazie, Patrick Bruel et Garou pour une interprétation à vous couper le souffle de la chanson dHallyday : "Que je taime". A trois voix, sans musique, les trois artistes sont seulement accompagnés, lors du refrain, dune chorale formée par le reste de la bande, chorale dirigée par Guy Delacroix.

Deuxième papotage de la soirée pour Mumu et Mimie. Comme le premier papotage, on philosophe cette fois sur le moral des Français ce qui bien sûr "na rien à voir avec la chanson qui suit" Et on retrouve un quatuor de garçons (Maxime Le Forestier, les 2 Patriiiiick, Garou) donnant la réplique à un trio de filles (Hélène Ségara, Liane Foly et Karen Mulder) sur la chanson "Cest lamour". Un nouvel intermède, juste le temps dinstaller une énorme horloge au centre de la scène ce qui nous laisse présager larrivée du deuxième medley de cette soirée sur le thème du temps. Le temps (justement) de linstallation du décor, Pierre Palmade nous dévoilent les quelques les trucages utilisés lors de cette tournée :

"Je peux vous dire que cest bien que je sois venu cette année parce que comme ça vocalement, le spectacle reste à un certain niveau. Je vous signale que jai joué le barde dans Astérix et jai prouvé que je chantais assez bien quand même. Daileurs, ce que vous ne savez pas, cest que lorsque vous voyez certains chanteurs sur scène, en fait cest moi qui les double en coulisses. Par contre, lorsque je suis sur scène, cest Mimie Mathy qui me double. Là, par exemple, cest Mimie qui parle ! Plus fort, lorsque vous voyez Jean-Jacques jouer de la guitare, en fait cest Bruel qui joue du piano derrière. Et le plus incroyable cest lorsque vous voyez Muriel faire des claquettes En fait, cest Garou qui fait les bruits de bouche derrière".

Pierre Palmade sen retourne alors dans les coulisses faire son boulot de doublage "le temps dune chanson !". Cette soirée nous réserve décidément bien des surprises : un duo émouvant Elsa / Jean-Jacques Goldman pour "Avec le temps" de Léo Ferré. Zazie entre alors en scène le temps dun trio pour "Le temps des copains". Un quatuor se forme enfin avec larrivée de Muriel Robin pour "Le temps et rien dautre". Le medley du temps continue avec Maxime Le Forestier interprétant "Je naurai pas le temps" de Michel Fugain pour finir en apothéose avec le duo Mimie Mathy / Carole Fredericks sur "Combien de temps".

Nouveau papotage, cette fois entre Pierre Palmade et Liane Foly sur les pseudos dartistes. Saviez-vous que le vrai nom de Pierre était, en fait, Nicole Pommier. Plutôt dur à porter, surtout Pommier nous dira Pierre Peu importe, la musique reprend pour un duo Maxime Le Forestier / Hélène Ségara sur "La Corrida" de Cabrel. Dans une lumière bleutée, un trio de guitares formé par Muriel Robin, Garou et Patrick Fiori, nous plonge dans une ambiance rock pour "La fille de lété dernier". Petit bonheur parmi dautres, tous les artistes se retrouvent en colonie sur scène en pyjamas, bonnets de nuit et nounours de rigueur pour une interprétation des "jolies colonies de vacances" de Pierre Perret : des couplets interprétés en duo par des artistes aux voix denfants, chantant plus faux les uns que les autres, et un refrain repris en cur par tous ! Un inoubliable moment !

Mimie et Mumu rajoutent quelques commentaires sur lévènement pour notre plus grand plaisir dans un enième papotage :

Muriel Robin : "Entre nous, vous avez vu, ils se sont tous vite enfuis"
Mimie Mathy : "Ah, oui. Ils nasument pas du tout. La Karen, quand elle na pas son petit bustier avec le nombril qui dépasse"
Muriel Robin :"Et le Jean-Jacques Je suis désolée mais il rend quand même moins bien en pyjama ! Dailleurs, il nest pas fou : ses spectacles, cest rare quil les fasse en pyjama !"
Mimie Mathy : "Un qui ma déçu un petit peu, cest Garou. Il ne porte pas bien le chapeau. Moi, je le préfère sans pyjama".

"Evidemment", ce papotage na rien à voir avec la chanson suivante sauf que cette fois-ci, peut-être On retrouve le trio Hélène Ségara, Maurane et Patrick Fiori interprétant ce tube bien connu de France Gall. Changement de costumes et dambiance pour le trio suivant formé par trois filles (à savoir Mimie, Mumu et Zazie) habillées en Titi parisien le temps dune "Romance de Paris". On continue à parler damour (troisième thème de cette soirée !) avec un nouveau medley. Le fil rouge du thème revient à Garou qui interprète "Parler-moi damour" tout au long de ce medley dans lequel se succèdent "Jte ldis quand même" (duo Hélène Ségara / Garou), "Aimer à en perdre la raison" (Lââm),"Sil suffisait daimer" (duo Maurane / Lââm) et "Aimer est plus fort que dêtre aimé".

Un nouveau papotage philosophique entre Mimie et Mumu sur les bâtonnets de glace Miko et Lââm et Jean-Jacques Goldman entrent en scène, vêtus dun jean et dune chemise à carreaux pour "Mon vieux". Ils sont suivis par les deux Patriiiiick(s) interprétant "Les comédiens", puis "Pourvu quelle maime, je ferai nimporte quoi". Nous aussi dailleurs pour que la soirée ne sachève jamais ! Liane Foly apparaît alors en gitane pour "Le Gitan" ; son costume tombe donc à pic ! ! Au final très rythmé se joignent Pierre Palmade, Carole Fredericks et Hélène Ségara ça swingue vraiment sur scène ! ! !

Mimi et Mumu tentent de nous convaincrent de leurs talents vocaux dans une interprétation libre de misses Butterfly Deux autres adeptes du papotage se retrouvent alors sur scène. Les disciples de Mumu et Mimie ont pour prénoms Pierre (Palmade) et Maxime (Le Forestier). On philosophe sur les mots de la langue française certains sont plus durs à utiliser que dautres dans une chanson : calamar, démonte-pneu, poignée de porte mais Maxime semble y être arrivé. Bravo, quel talent dauteur-compositeur !

Mais une fois encore, tout ceci na rien à voir avec larrivée du duo suivant, Maurane et Patrick Bruel :

"Je voulais te dire que je tattends
Tant pis si je perds mon temps
Je tattends, je tattends, tout le temps
Ce soir, demain, nimporte quand"
 
Un moment irrésistible suit avec la découverte de trois superbes blondes (Mimie, Mumu et Murane avec une perruque) assises sur les escaliers pour les choeurs de "Les brunes ne comptent pas pour des prunes", le tube de Lio. C’est vrai que ce tube de Lio fonctionne plutôt bien… mais comme nous explique Mimie, c’est parce qu’il y a des fruits. Ça aurait très bien pu marcher avec les rousses :
"Tout lmonde, répète encore que les rousses
Compte pas pour des pamplemousses".

Ou encore avec les platines mais là, on tombe dans les légumes :

"Tout lmonde, répète encore que les platines
Compte pas pour des aubergines."

Un bruit de cornemuse Garou sort de la brume écossaise en kilt sur la plate-forme jouant de ce mystérieux instrument. Zazie entonne les premières mesures de "Douce France". Puis on se laisse transporter avec Hélène Ségara et Pierre Palmade au son de leur tam-tam dans une ambiance des îles : Carole Fredericks nous chante "Lamour en France". Brusque changement de décor à nouveau : Jean-Jacques Goldman, Patrick Fiori et Maxime Le Forestier arborent fièrement un tee-shirt Corse et nous offrent un chant corse en guise dintroduction à "Il y a du soleil sur la France". Jean-Jacques Goldman enfile alors un bonnet de laine couleur orange et on se retrouve dans les banlieues avec un petit Rap : "Jhabite en France" Le quatrième medley naurait-il pas eu pour thème "La France" ?

Un nouveau papotage (on ne les compte plus !) sur les talents de chanteuses de Mumu et Mimie avec une courte démonstration, le temps de retrouver le trio Elsa / Karen Mulder / Maxime le Forestier :

"Déconne pas Manu, ça sert à rien la haine
Une gonzesse de perdue, cest dix copains qui reviennent".

On est alors initié au jeu des "tu préfères" par les deux papoteuses de service

Question très difficile : "tu préfères avoir des dents en bois ou à vie, en permanence, quinze canards qui te suivent partout ?" Alors une question qui semble à première vue plus facile :

"Tu préfères te taper Garou ou, à vie, tous les soirs te taper deux yaourts à la moquette ?"

On se demande si la moquette na pas été fumée dans les coulisses justement ! Non, je ne vois vraiment plus pourquoi je vous ai parlé de ça parce que ça na rien à voir avec

Débute alors une séance de karaoké : les paroles défilent sur les écrans tandis que les artistes défilent sur scène pour une "Rockollection" : "Seras-tu là" (Elsa), "Jai encore rêvé delle" (Zazie / Patrick Bruel), "Ma petite fille de rêve" de Caradec (Lââm / Patrick Fiori), "Si tu nexistais pas" de Joe Dassin (Liane Foly / Jean-Jacques Goldman) et enfin "Tous les cris les SOS" de Balavoine.

A peine le temps de se remettre que le trio Mimie Mathy, Zazie et Jean-Jacques Goldman entre en scène :

"Cétait toujours la même
Mais on laimait quand même"

La fin inévitable approche nous dit Muriel Robin

Mais on na vraiment pas envie de partir on aimerait que la soirée se prolonge encore et encore, on aimerait voir dautres surprises seulement : "si vous voulez quon revienne, il faut bien quon parte à un moment !". Et Carole Fredericks entonne les premières notes :

"Jattendais que tu me reviennes à nouveau
Jattendais, longtemps sil le faut"

Muriel Robin, Liane Foly, Zazie, Lââm et Patrick Fiori se joignent à Carole tandis que Jean-Jacques Goldman et Patrick Bruel simprovisent en danseuses sur les premières marches descalier Un peu plus dans le rythme Jean-Jacques ! ! Irrésistible !

Le moment des remerciements avant le grand final : musiciens, éclairagistes, preneurs de son et bien sûr les bénévoles des Restos. Tout le public sassoit à la demande de Muriel Robin :

"Tu verras bien quun beau matin, fatigué
Jirai massoir sur le trottoir dà côté
Tu verras bien quil ny aura pas que moi
Assis par terre comme ça".

Chante le trio Lââm, Karen Mulder et Garou.

Tous les artistes se réunissent alors sur scène : ils prennent place un à un sur les escaliers une fleur à la main. Tous ce beau monde est assis sur les marches autour de Jean-Jacques Goldman accompagnée de sa guitare sèche et on termine cette formidable soirée par la chanson de Voulzy, "Le pouvoir des fleurs" :

"Changer le monde, changer les choses
Avec des bouquets de roses
Changer les femmes, changer les hommes
Avec des géraniums".

Les bénévoles montent sur scène pour la chanson des Restos puis tout les artistes et les bénévoles remontent dans le van et sen retournent chez eux.

Le spectacle terminé, chacun rentre de son côté et si les bonnes choses ont une fin, nul naime partir. Pourtant, chacun sen retourne chez lui, avec ce petit blues des "après" Quelques traces du spectacle resteront ancrées dans nos souvenirs. On retiendra par dessus tout cette connivence et cette incontestable joie de jouer, qui font que chaque soir de cette tournée, dialogue, énergie et émotion sont au rendez-vous. Bonsoir et merci Jai bien aimé papoter avec vous !

Céline Vallet

(c) 30 janvier 2001
Tous droits réservé

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