Auteur : Jean-Jacques Goldman
Compositeur : Jean-Jacques Goldman
Editée par : BMG Music Publishing France
Version originale
Année : 1982
Interprétée par : Jean-Jacques Goldman
Distribuée par : CBS
J'ai trop saigné sur les Gibson
J'ai trop rôdé dans les Tobacco road
Y'a plus que les caisses qui me résonnent
Et quand je me casse, je voyage toujours en fraude
Des champs de côton dans ma mémoire
Trois notes de blues c'est un peu d'amour noir
Quand je suis trop court, quand je suis trop tard
C'est un recours pour une autre histoire
Quand la musique est bonne
Quand la musique donne
Quand la musique sonne, sonne, sonne
Quand elle guide mes pas
Quand elle ne triche pas
J'ai plus d'amour, j'ai pas le temps
J'ai plus d'humour, j'sais plus d'où vient le vent
J'ai plus qu'un clou, une étincelle
Des trucs en plomb qui me brisent les ailes
Un peu de swing, un peu du King
Pas mal de feeling et de décibels
C'est pas l'usine, c'est pas la mine
Mais ça suffit pour se faire la belle
Quand la musique est bonne
Quand la musique donne
Quand la musique sonne, sonne, sonne
Quand elle ne triche pas
Quand elle guide mes pas
Jean-Jacques Goldman : Il y a des gens autour... J'ai entendu dire que, par exemple, une chanson comme : "Aaah !... Sister Jane, you left me blind upon those, Aaah !... Sister Jane don't let the sun go down on me..." enfin, etc... Ça, c'est une chanson de rock'n roll et que, par exemple, "J'ai trop saigné sur les Gibsons, j'ai trop rôdé dans les tobacco road..." Ça, c'est une chanson de variété. Bah, c'est possible ! Moi j'suis pas vraiment un spécialiste...
Les Enfants du Rock, Antenne 2, 1984
[Jean-Jacques Goldman, à la fin de la chanson ; je vous laisse imaginer les réactions du public entre chaque phrase…]
C'est facile mais c'est bien. Enfin, c'est bien, mais c'est vrai que c'est une chanson facile. Mais c'est bien quand même. Mais c'est facile aussi. Très bien ? ! Facile… Mais c'est vrai que ça serait beaucoup plus difficile sur une chanson moins connue. Par exemple, je suis sûr que vous connaissez pas bien les morceaux du premier album.
Public : Si !
Jean-Jacques Goldman : Non, non, les morceaux du premier album !
(voir la suite sur "Sans un mot").
Quand la musique est bonne
Zénith de Montpellier, 18 décembre 1985
Jean-Jacques Goldman : Pour beaucoup de gens, le fait de chanter "Quand la musique est bonne", et que cela émeuve un public d'adolescents, qui ne savaient pas que Pierre Goldman avait existé, avait quelque chose de... louche. Ça a peut-être énervé ces juges vertueux que je ne fasse aucune référence apparente - même dans mon goût musical. Car Pierre était fou de musique sud-américaine, alors que j'ai été exclusivement nourri de rock.
Rencontre avec Jean-Jacques Goldman
Propos recueillis par Philippe Labro
Le Point, 27 mai 1991
Jean-Jacques Goldman : Vous mettez un musicien sans talent dans une pièce, et vous le laissez jouer toute la journée. A un moment, il va faire deux choses de qualité. Un son, un changement d'accord, un petit rien vont me plaire, et si ça me plait, ça va plaire aussi aux autres. Il y a une étincelle et je la décèle. C'est là où je suis plus balèze que l'autre musicien. Avec le texte, c'est pareil : trois mots, détachés du fratras des autres mots vont concrétiser un moment d'émotion musicale. "Quand la musique est bonne", quoi de plus simple ? Et pourtant, cela fait une chanson à succès, et pour les jeunes qui l'ont chantée, l'idée que je voulais transmettre passait par ces petits mots.
Rencontre avec Jean-Jacques Goldman
Propos recueillis par Philippe Labro
Le Point, 27 mai 1991
Jean-Jacques Goldman : J'ai dû faire 60, 70, 80 chansons, et sur ces 80 chansons, il y en a deux sur lesquelles j'ai jamais eu aucun doute, même avant qu'elles ne sortent, c'est "Quand la musique est bonne" et "Je te donne". Comment le savoir ? C'est un petit peu stupide, mais j'en étais sûr...
Christophe Nicolas : En général, les artistes disent qu'on ne peut pas à l'avance prévoir...
Jean-Jacques Goldman : Mais bien sûr qu'on ne peut pas ! Sur les 80 autres, à chaque fois, je me pose la question. Mais sur ces deux là, je n'avais aucun doute. (...) Presqu'en l'écrivant.
(...)
Jean-Jacques Goldman : [Les chansons] pour moi qui ont le plus de valeur et qui m'épatent le plus, c'est quand même des chansons comme "Je te donne", "Quand la musique est bonne", parce qu'à mon avis, ce sont les plus difficiles à faire.
Christophe Nicolas : Mais tu disais tout à l'heure qu'elles te paraissaient évidentes à l'écriture... ? ? ?
Jean-Jacques Goldman : Non non non ! Une fois qu'elles sont terminées ! Je n'ai jamais douté du succès de "Long is the road", par exemple mais pour les faire, pour les construire, les arranger, c'est beaucoup plus difficile de faire une chanson comme "A nos actes manqués" qu'une chanson comme "Nuit". En gros, les chansons rapides sont beaucoup plus difficiles à faire que les chansons lentes.
Génération Laser, spéciale "intégrale de Jean-Jacques Goldman"
RTL, 15-19 novembre 1991
Jean-Jacques Goldman : Il y a deux démarches différentes : on est au piano, à la guitare, et tout à coup des thèmes musicaux viennent par bribes. Et puis l'autre démarche : on est dans un train, on lit un article de journal, on parle avec quelqu'un, et tout à coup on prend des notes en disant "Ça c'est un début de chanson". Ensuite, il y a réunion entre les deux, qu'on essaie de marier. Donc deux démarches différentes. Parfois des musiques restent toutes seules sans trouver les mots, parfois des textes restent seuls sans trouver de musique, parfois - c'est ce qui me fait penser qu'il y a prééminence de la musique - la musique amène les mots. Par exemple une chanson comme "Quand la musique est bonne" est une chanson où j'ai commencé à dire : "Quand la musique est bonne" ; je ne savais pas du tout de quoi allait parler la chanson. Peut-être ne parlerait-elle finalement de rien, mais il est clair qu'une fois le texte venu, on ne pouvait pas le changer. Si ça avait été par exemple . "Quand viennent les varices", ça n'aurait pas été de chance, évidemment, je ne l'aurais pas sortie, mais ça n'aurait pas pu être autre chose. Il y a des mots qui viennent musicalement en dehors du sens. Parfois, on doit adapter le sens à ça.
Paroles et Public
Lyon, le 9 décembre 1994
Jean-Jacques Goldman : On ne fait plus "Quand la musique est bonne" (...) On l'a beaucoup faite et puis bon... On la reprendra peut-être plus tard...
Top Live
Europe 1, 12 juin 1995
Jean-Jacques Goldman : Les versions, les chansons qui ont eu du succès comme "Quand la musique est bonne" ou "Comme toi" ou "Il suffira d'un signe", tu ne peux pas les toucher parce que les gens, finalement, les connaissent avec leurs défauts. (...) Comme certaines photos jaunies, ils les aiment jaunies ou comme certains vieux films, on ne les aime pas trop colorisés quand on les a vus en noir et blanc ou en muet.
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jour le dimanche 09 décembre 2007 - Signaler une erreur